vendredi 25 juillet 2014

Une plume familiale



Denis Bail – Une plume familiale

« Un voyage, c'est du temps qui ne fait que passer. Pourtant, dans l'univers clos d'un train, de bien surprenantes histoires se nouent... Le Train Bleu est l'histoire d'une quête, d'un rêve à portée de la main. Mais, au-delà de la métaphore, fil conducteur du roman, c'est aussi une tranche de vie d'hommes et de femmes, avec ses rires, ses pleurs, ses rebondissements. »  c''est ainsi que Denis Bail nous décrit son dernier livre sorti en 2013 et signe ainsi la publication de son deuxième roman.  N'est ce pas tout simplement le dialogue qu'il aurait tant voulu instaurer maintes fois avec l'homme de la maison, alors qu'il était si petit, si naïf et se laissait effrayer par la voix virile et autoritaire de Géraud, son père,. Il préférait aller se cacher dans les jupons de sa mère, si douce, attentionnée, tendre et oublier ainsi dans le silence les paroles qui n'arrivaient pas à se formuler oralement face à son père..

Denis Bail est un écrivain français né à Toulouse le 30 avril 1955 en France. Le décès brutal de son père, Géraud, maître d'hôtel de renom dans les plus prestigieux trains de cette fin de siècle, fut le déclic de ses recherches littéraires et d'un travail d'écriture assidu. Un père absent des semaines entières de la maison familiale et souvent les week ends, ambitieux et tenace à gagner de quoi préserver sa petite famille et assurer aux deux jeunes enfants une éducation irréprochable pour un avenir hautement mérité. Un père réservé et étouffé par une pudeur dans ses gestes, ses mots, ses attitudes. Un passionné de la vie, il était et, parfois bouillonnant d'impatience, il s'emportait brusquement et sans raison devant ses enfants et son épouse Marion. Il aimait la vie organisée, déclinée à la perfection sur des valeurs humaines et morales. On le décrivait comme un homme responsable, pressé, rude parfois, doté d'une intelligence de la vie, celle forgée sur les embûches et les obstacles. Il aimait ses enfants et son épouse plus que tout au monde et ses accès de colère étaient une simple réaction de défense contre les aléas de la vie. Il bavardait si peu mais parlait posément et juste les paroles qu'il fallait au moment opportun.

Face à son père strict et pour lui être agréable, Denis s'est engagé à devenir le petit homme exemplaire de la famille. Il obéissait à une éducation stricte et douce à la fois à l'image d'un père absent dans une ambiance toutefois féminine de par sa mère et sa sœur aînée qui le protégeaient et l'adoraient. Sportif et bon élève à l'école il le fut, D''ailleurs, pas le choix, car son parcours professionnel était déjà tout réfléchi et tracé par son père. Il devait devenir un grand banquier. Là était l'avenir, suivre les traces de son père mais faire encore mieux que lui et dans un domaine porteur socialement et financièrement. Tout petit, Denis devait se battre sur le terrain de foot, montrer sa force et sa virilité de petit homme, ne pas se plaindre, ne pas pleurer mais foncer, toujours droit au but. Les petites blessures ou embûches étaient soignées discrètement par une maman affectueuse et aimante et vite oubliées face à un papa pondéré et sévère. Denis accompagnait son père parfois dans ses voyages en train et se faisait discret en regardant et observant chaque geste paternel afin de peaufiner sa bonne éducation. D'ailleurs son père n'était-il pas déjà si fier de son petit homme, sage et fougueux à la fois, un battant né.

Aujourd'hui et depuis de longues années, Denis Bail est consultant en communication d'entreprises et vit en Bretagne. Il n'a pas choisi la Banque mais les services. Un choix, un métier où sa parole est d'or auprès de ses clients, où un mot et une phrase peuvent faire gagner le client ou le faire perdre. Tout est choix dans les paroles, les écrits, les visuels, peut-être tout ce que Denis avait envie d'exprimer pendant son enfance et qu'il fait actuellement avec passion, réussite et sobriété.

Et puis suite à la disparition de son père, Denis a eu juste envie de renouer avec lui pour rattraper le temps qui fut, le passé qui revient, les paroles discrètes prononcées, pensées et non dites. Ce lien filial tellement fort encore, même au-delà de la mort, qu'un livre ou un roman n'a su que partiellement dévoiler. Denis parle ainsi à son père par son livre « Le train bleu », l'honore, l'adore et lui écrit en souvenir de ce que fut sa vie. L'écriture est le lien désormais qui les unit, un père et son fils qui se sont admiré, se sont ignoré mais qui n'ont pas s'approcher, lui enfant Denis n'osant s'exprimer et lui Géraud le père parlant peu ou parfois trop avec véhémence. Une écriture, un livre, une histoire et quelle histoire, celle de son père, leur histoire. Des moments furtifs, intenses, des souvenirs, des partages pour rattraper le temps perdu, un bonheur à portée de la main que Géraud n'a pas su voir, saisir et qu'il a ignoré tout simplement pour d'autres passions en se disant qu'un jour viendra....

Juin 2014


Katherine Mansfield

Biographie imaginaire


Katherine Mansfield,
j'aurais aimé vous rencontrer.

Que me prend-il aujourd'hui de vouloir aller dans vos écritures, vos livres, vos nouvelles, une recherche du temps perdu ? Certes vous avez été influencée par Anton Tchékoff qui lui-même a nommé plusieurs fois Maupassant dans ses œuvres. Vous êtes une grande dame de la littérature britannique du début du Xxe siècle et vos nouvelles m'inspirent et me font m'évader vers une île de mélancolie, d'ivresse sensible, de psychologie latente, d'histoires sans intrigue d'une perception subtile, envahissante, troublante et bouleversante.

Quelle vie avez-vous eue et quelle est donc cette fragilité en vous que l'on discerne à peine au travers de vos yeux bruns et sous une frange d'ébène. Votre regard d'une transparence ne laisse personne insensible. Vous paraissez être une femme modèle, sage et timorée mais vous restez une éternelle vagabonde à la recherche d'exigence dans l'écriture, de beauté, de lumière. N'avez vous pas écrit que l'oeuvre d'art est le fruit d'une ascèse. N'avez-vous pas sacrifié votre vie au détriment d'une recherche incessante de vous ne saviez pas quoi, dans l'écriture. Vous avez dévoilé au monde littéraire vos talents d'écrivain en créant un style de nouvelles qui dérangent et apaisent, tout comme votre caractère conformiste trompeur, fougueux et fragile à la fois.

Vous êtes née en Nouvelle Zélande de parents anglais émigrés appartenant à la bourgeoisie puritaine (1888) et vous étiez la troisième fille d'une famille de 5 enfants avec un seul garçon comme petit dernier. Dès votre plus jeune âge, vous rêviez d'écrire et d'ailleurs c'est à 9 ans que vous avez publié votre premier texte. Vous étiez une parfaite petite fille, douce et élevée dans un cadre féminin très protecteur, entre une maman, des tantes et une grand-mère dont vous avez pris le nom en publiant vos premières nouvelles.
Une enfance heureuse dans une maison inondée de bonheur au paradis de senteurs florales, de jeux d'enfants et de secrets d'adultes. Une mer d'azur, une baie et une plage toujours présentes dans vos nouvelles, la recherche perpétuelle d'une transparence, d'un rivage, d'un havre de paix. Adolescente, alors que vous étiez jolie, charmante, dotée d'un regard doux, perçant et intense avec une légère touche de lumière poétique et mélancolique, vous avez été déracinée pour aller faire des études en Angleterre et connaître une vie farouche en pension très jeune. D'une petite fille modèle, timide et parfois bougonne, vous êtes devenue une belle jeune femme indépendante, tumultueuse, fougueuse, intelligente, talentueuse, une avant-gardiste dans votre époque. Toujours vous êtes-vous escrimée pour écrire et pour vivre. « Ecrivain avant la femme. ». Et pourtant vos nouvelles sont éphémères, ne partent de rien, décrivent et s'accrochent aux souvenirs, virevoltent dans une insoutenable légèreté des choses, dans une poésie des mots, transgressent dans une pureté parfaite mais sombrent à la fin de chaque phrase. Nous vous imaginons assise, vous écoutez, ils ou elles parlent et vous écrivez. Un paysage, un souvenir, une rencontre, un bruit, une couleur et d'infimes sensations et émotions vous envahissent. Un art de la fugue comme si vous vous accrochiez à chaque instant pour n'en retenir que l'intensité éblouissante et ne laisser que l'interprétation à chacun.

Vous avez écrit cette phrase en son temps « je ne crois pas qu'un écrivain puisse faire une œuvre de valeur tant qu'il n'a pas, au sens le plus profond du mot, accepté la vie ». Toujours en perpétuelle recherche du sens de la vie, qui pour vous, était un mélange d'amour et de souffrance, cet amour de tout, cet amour de rien. N'avez-vous pas été heureuse ou toujours en quête d'une transparence mystique, spirituelle, alors que vous avez fini vos jours dans un centre théosophique. Nous aurions plutôt même envie de vous décrire comme une femme perdue, à la fin de votre vie, solitaire et errante d'hôtel en hôtel d'une région, d'un pays à un autre. Vous avez, déjà très jeune femme, été malade, souffrant d'une tuberculose qui vous a terrassé à l'âge de trente quatre ans. Mais vous aviez toujours un cahier et un crayon à la main pour noter, écrire, arrêter les mots, les instants et quelque part le temps. Vous avez conté votre existence et avez ainsi essayé de retenir chaque seconde de votre vie dans des textes, des phrases, des mots sous formes de nouvelles fulgurantes dans leur genre, de lettres, de correspondance avec vos proches.

Et pourtant vous aviez tout pour vivre heureuse. Entourée, mariée, séparée, divorcée, riche, pauvre, vous avez fait don de renoncement. Etiez-vous malheureuse ? Votre chemin de vie ne ressemble t'il pas à des parcours de vie de religieuses en quête de vérité. Quelle était la vôtre ? Agnostique mais toujours en quête perpétuelle de la transparence. N'avez-vous pas écrit « Seigneur, rends-moi pareille au cristal pour que ta lumière brille à travers moi ».

Vous avez fait vos études en Angleterre dès quatorze ans et avez préféré rester en Angleterre, loin des carcans et interdits familiaux, plutôt que de rentrer en Nouvelle Zélande. Votre père vous a alloué une pension pour que vous puissiez évoluer dans votre carrière d'écrivain nouvelliste. Vous avez fréquenté plusieurs groupes littéraires, vous vous êtes mariée, avez divorcé et remariée à un critique littéraire, qui restera votre mari jusqu'à la fin de vos jours. Vous êtes une femme sensible, sentimentale, fragile et tumultueuse, la vagabonde des années 1900. Vous bafouez le bien pour aller continuellement dans une vie de hardiesse, d'extravagance à l'image de la période d'histoire bousculée par la guerre de 14-18. Vous goûtez à une vie indécente, sans pudeur, avec des amantes, amants, un mariage rapide, un divorce, un bébé mort né. Vous recherchez la vérité dans une vie d'une déracinée perpétuelle qui n'a jamais pu se poser, se fixer ni dans sa vie sentimentale, ni dans sa vie tout simplement. Et pourtant votre écriture est simple, sentimentale et touchante de souvenirs d'enfance, de sensations, d'émotions à l'encontre de votre vie si troublée. Votre angoisse et votre souffrance vous guident dans la recherche d'un amour plus fort que l'amour. La vie est pour vous un mystère et vous puisez vos mots, vos phrases, vos nouvelles dans la souffrance de la maladie qui vous terrasse et vous empêche de vivre au mieux de votre jeunesse de femme., la tuberculose. Vous recherchez alors les moindres moments, gestes qui puissent apporter une accalmie à vos douleurs et la lumière dans votre vie d'écrivain. N'est-ce pas dans la douleur que l'on enfante le mieux et que l'on puise la force d'une créativité insoupçonnable, au-delà de soi physiquement, intellectuellement et spirituellement.

Quand on regarde vos photos de jeune fille, de femme et de vos dernières années de vie, on ne peut être que touché par le raffinement de vos traits, de votre visage, la sérénité d'un sourire à peine perceptible de vos lèvres toujours si fines et délicates. Pas un souffle de vulgarité, ni de méchanceté, ni de contrariété. Tout est pureté, blancheur et candeur. Il est vrai que dans vos lettres de vos dernières années, vous écriviez « Mais plus je vieillis et plus j'ai envie d'être raffinée dans les moindres détails, aussi bien en tant qu'écrivain, qu'en tant que maîtresse de maison, dans ma vie, dans toutes mes habitudes. J'ai envie de mettre ce raffinement partout ».

Et pourtant les sujets que vous abordez sont toujours les mêmes et seront toujours présents dans la littérature, ne s'agit-il pas de la vie, des humains, de la recherche perpétuelle de l'amour, du temps, de l'autre, de l'enfance, de l'adulte, du bonheur, de la douleur. Vous êtes une femme remarquable que l'on essaie encore de comprendre. Je vous admire et vous imagine dans chaque détail de ma vie.

Juillet 2014

Julien

Biographie d'un inconnu – Fabrice Humbert

L'incipit
« Dans la rue, je contemplai de nouveau la photo de l'enfant. C'était donc mon sujet. Un inconnu complet, un homme entre les noms et les lignées, un individu sans importance particulière et donc investi, pour la première fois de ma vie d'autobiographe tarifé, d'une valeur essentielle. Ce n'était pas une image célèbre à digérer mais un homme de chair et de sang. Je le regardais, je le fixais, au risque de voir surgir mon propre visage... »

Ses yeux clairs d'un gris limpide, son regard abstrait fixant le vide et l'impossible m'interpellent et me questionnent. L'enfant sur la photo est en réalité un adolescent car il a une vingtaine d'années mais son visage reflète la pureté, l'innocence et la légèreté. Il paraît serein et confiant sans marque de soucis, ni de douleur. Et pourtant il est né cet enfant, le 10 septembre 1984 d'un père sportif, un boxeur de réputation internationale du nom de Victor, converti en gérant propriétaire d'un Hôtel sur la côte normande à Houlgate, « L'hostellerie Normande » un jardin extraordinaire à deux pas de la mer comme disait Charles Trénet. Cet enfant du nom de Julien est né de la rencontre fortuite d' une journaliste écrivaine de passage à « L'hostellerie Normande », Françoise, avec le célèbre Victor à l'époque en pleine carrière sportive et toujours en déplacements dans toute l'Europe. J'ai entre les mains le visage en photo de cet enfant Julien que le père n'a pas reconnu, Victor, voulant ainsi protéger sa vie professionnelle et privée. Une rencontre entre un homme et une femme n'est pas une raison suffisante pour détruire une vie bien construite, un statut, une réputation et l'amour d'une famille. Victor marié et père de deux jeunes enfants aimait sa femme et la question de la quitter ne s'est nullement posée. Françoise ne songeait qu'à sa carrière de journaliste et sa vie amoureuse était tellement malmenée qu'elle ne s'arrêtait pas sur ses sentiments. Elle alternait les rencontres et les histoires éphémères comme sa plume pouvait être le seul témoin de cette vie mouvementée. Continuellement amoureuse de l'amour, elle ne savait pas aimer un homme. Julien a été élevé et reconnu par sa mère Françoise qui, entre une vie professionnelle bien remplie et une vie privée sans homme officiel à ses côtés, n'avait comme solution parfois que de confier son fils à ses parents retraités en Bretagne. Julien était un garçon doux, gentil et ne posant pas de soucis particuliers. Timide et discret, il paraissait être un garçon secret. Il suivit sa scolarité avec brillance et succès avec beaucoup d'originalité et de créativité. Il aimait se retirer pour peindre, dessiner, écrire et rêver. Il n'avait pas beaucoup d'amis mais on l'aimait pour sa gentillesse. A l'école et plus tard au collège et lycée il était souvent entouré de beaucoup de garçons et particulièrement de jeunes filles qui l'adoraient pour sa beauté mystérieuse, son calme et son regard gris bleuté.

Françoise je la rencontre pour écrire ainsi la biographie de son fils et c'est elle qui commence à me raconter les années d'enfance et d'adolescence de Julien. Elle me donne cette photo, celle de Julien pour que je puisse ainsi mieux le percevoir, le connaître, le décrire. Elle me demande d'écrire la biographie de son fils pour le faire revivre, le faire revenir. Julien est parti, il s'est expatrié aux Etats-Unis il y a déjà une dizaine d'années juste après ses études au lycée. Un sac à dos, son baccalauréat en poche et une envie de découvrir le monde dont il a tant rêvé, petit et adolescent dans le jardin de la maison de ses grands-parents, une maison située juste face au grand océan, Doelan en Bretagne.

Me voilà donc biographe d'un inconnu, un jeune homme parti à l'étranger sans donner, depuis une dizaine d'années, quasiment aucune nouvelle de lui, ni d'adresse, ni de signe de retour. Comment puis-je accepter d'écrire sur quelqu'un que je ne connais pas, que je vais devoir aller rechercher, parcourir des destinations avant de le retrouver quand bien même il soit encore en vie. Françoise me précise que la dernière adresse connue de son fils est New York. En me donnant la photo et me priant ainsi d'aller à la recherche de son fils disparu, je perçois en elle beaucoup de sentiments de culpabilité, de désarroi, de remords et en même temps une froideur et une sincérité franche et dénuée de tout émoi. A l'orée de ses cinquante ans, elle poursuit une carrière sans l'ombre d'un échec mais avec une envie inavouée de rattraper des bribes de sa vie de maman. Sa vie de femme reste diffuse.

Je suis là devant elle et là elle commence à me raconter et moi à noter. Pourquoi écrire une biographie d'un jeune inconnu dont la maman essaie de me raconter, de me dévoiler, de se confier, de guérir de cette absence. Pourquoi écrire une biographie ? Est-ce l'aspect financier de la démarche. Cette femme serait prête à dépenser beaucoup pour se racheter, faire oublier son passé et son absence auprès de son fils. Des contacts avec le père de Julien, elle n'en a jamais eus et voulus et les deux n'ont pas recherché à se revoir. Une aide financière était versée régulièrement par Victor et de cette seule indication, Françoise a su que le père de Julien a repris l'hôtel « L'Hostellerie Normande » et s'y est installé en tant que gérant, sans doute, pour échapper au remord de n'avoir pas voulu recevoir cet enfant et l'avoir refusé à vie. Ou bien pour perpétuer l'histoire d'une rencontre d'un soir.

Plus je regarde la photo, plus je me sens proche de mon inconnu sur lequel je vais devoir écrire. Son regard me fascine, son sourire discret m'est familier, sa bouche est attendrissante, ses cheveux en bataille d'un blond doré et ses sourcils fournis m'amusent. Qu'a t'il de particulier pour que je veuille écrire sur lui, sa vie, son enfance, son adolescence et aller à sa recherche. Je ne peux me l'expliquer concrètement et ce n'est qu'une confusion de raisons et une certaine sympathie ou empathie pour Françoise sa mère. Le même parcours que Françoise pourrait être la raison de mon engouement à écrire sur Julien mais je ne le pense pas. Mes enfants partis aussi à l'étranger mais à la différence de Françoise est que je les ai élevés jusqu'à leur départ professionnel et que je les vois régulièrement. Non il y a une autre raison que je ne peux déterminer sans une certaine émotion. Plus je fixe les yeux de Julien sur la photo, plus je me sens bouleversée et un peu ailleurs dans mes pensées. Machinalement je retourne la photo, la retourne et l'observe en ne quittant pas le regard de Julien et mes yeux subitement se portent alors sur la date de naissance de Julien, marquée au verso de la photo, le 10 septembre 1985. Cette date m'est connue et inconnue à la fois. Alors que cette date me revient difficilement à la mémoire, je veux déjà inconsciemment l'oublier. C'est la date à laquelle j'aurais dû avoir un enfant, mon premier que je n'ai jamais eu car n'est pas arrivé à terme. Quels termes prosaïques et basiques pour dire que ce bébé, le mien, mon premier prévu pour le 10 septembre 1985 n'a jamais vu le jour. J'ai eu d'autres enfants mais la photo de Julien devant moi me remet ce petit que je n'ai jamais eu, un enfant que j'avais imaginé pendant les premiers mois de grossesse et que j'ai dû oublier par la force des choses et pour survivre au chagrin et au désarroi d'une jeune maman que j'étais alors.
L'angoisse de Françoise à la recherche de son fils disparu dans le flot du destin il y a une dizaine d'années réveille en moi cette lancinante douleur que jamais je n'avais pu guérir. Ecrire pour l'autre, est-ce guérir de son propre passé, faire surgir encore des blessures non fermées ?

Août 2014

mercredi 16 juillet 2014

Do the things you love, no matter the costs


Yann Sander - juillet 2014

I once read:
“Your time is limited, so don’t waste it living someone else’s life. Don’t be trapped by dogma — which is living with the results of other people’s thinking. Don’t let the noise of others’ opinions drown out your own inner voice. And most important, have the courage to follow your heart and intuition. They somehow already know what you truly want to become. Everything else is secondary.”
Steve Jobs
It turned me upside down. I hit the “Pause” button and reflected on my life.
Indeed, Year 2013 has been a long journey for me. It was probably the most intense period of questioning in my entire life with countless thoughts crossing my mind.
I graduated from a Master of Sciences in Management in September 2011 in a leading business school in France. My path was all written: I would find a job, make descent money, climb the corporation step by step, travel and eventually be happy. I never encountered any barriers in my educational career: descent schools, good teachers, smart schoolmates, great exchange programs, good internships, etc. At no moment, had I questioned myself about what I was doing? Why I was doing this? I followed the road that others have been expected me to follow. It was safe, secured and comfortable.
I was trapped by dogma and felt disillusioned.
But, two years ago, I decided to follow the path of Entrepreneurship. I launch my own venture because I felt it was the right choice for me. Not to rebel myself nor because I found it sexy (many entrepreneurs still think it is) but rather as a way to create. A way to leave a footprint.
Entrepreneurship is tough though. It’s going into the unknown and usually finding out your own limits. I learned important life lessons.
You are your own pilot.
Know who you are and don’t expect anyone to tell it to you. If you don’t know it yet, get out there and figure it out by yourself. Work on the values you care about, the passion you live for, the people you admire, and build your own self. Be bold and humble. Always.
You are being fooled if you think Facebook, or any other social networking site will help you in achieving your goal. Get out there. Build real relationships. Having thousand of friends won’t help you gain trust and confidence in yourself. Worse, it will enhance your malaise looking at others’ life.
As for your personal relationships or professional one. You are the only one able to drive your life. Your friends and relations are accompanying you. They won’t do the work for you. They can advise you, give you a hand when needed but they won’t take a decision for you. You are your own pilot.
Listen to your intuition.
We never think intuition can truly show us the path. You know, this little voice in the back of your head sending you messages. Intuition is defined as the ability to acquire knowledge without reason. It’s usually conceived as a kind of inner voice but remains mostly unknown to you.
During year 2013, lots of messages traversed me. Regarding my personal life but also professionally. Though, I prefered to close my eyes and denied them. FAIL. It turned out my intuition was right. I didn’t follow it because I didn’t want to hurt myself and the people around me. It actually hurts more not to be honest rather than lying.
Do the things you love, no matter the costs.
Life is finding out what you are passionate about and fighting for it. It’s finding out what drives you, what makes you smile and thrive! Even if you need to go against your friends’- or families’ expectation. Never accept anyone else telling you can or cannot do. Better take the time to define what you love the most and be the best in the world at it.
“If I’d followed all the rules, I would never have gotten anywhere”
Marylin Monroe
Leaving the comfort zone is scary. Really scary! For most people, it’s easier to be following the rules, because they’ve been created by others. We take them as granted. But going against them leaves you with more freedom to create and seek opportunities. You start being confident and allow yourself to push your own limits.
Everything takes time. Be patient.
We live in a constant moving society where everything goes fast. Technology has accelerated it even more. We, as consumers, adopt new devices and innovations quicker than anything we created before! In a fingertip, we can access everything we ever dreamt of. Knowledge, information, people, events, and we can even travel right from our smart devices. Everything is accessible right away. Incredibly enough, technology was supposed to make our life easier and better.
But it hasn’t.
It’s making our life easier as consumers but not as humans. We indeed consume more than we produce. We forgot to live. We forgot that everything around us has been created with time. We forgot it takes over 90 days to grow potatoes, we forgot it takes more than 4 months to grow watermelon.
Patience is an underestimate asset.
Your family and friends are what matter.
Build true relationship of trust, happiness and moments together. Because at the end, they are the one who makes your life memorable. They are the one on the pictures you hang at home. They are the one you celebrate a special anniversary with. They are the one you call when you need to smile. They are the one you would cross the world to see. They are the one reason you live. Protect them, cherish them.
Dream, dream BIG.
Humans are born to be creators. I strongly believe we are. We are meant to leave an imprit to the next generation. Bad or good, everything around us has been created by someone. Everything has been dreamt by someone, like you and me. No one else. It simply started as a dream but eventually became reality with hustling and determination.
We are surrounded by many challenges that need to be solved. We need people with big dreams, ready to take them on, ready to dream even more.
Disconnect. Be present.
We aren’t a machine aiming at producing non stop. In the past year, I’ve learned I’m an introvert. I am good surrounded by people, but I need my own space to recharge myself. I get my energy by being alone and by disconnecting myself from the world. A day when I can be by myself as much as possible helps me be more focus when I have to be with people around me. It helps me share the energy I have, wisely. Disconnecting helps me being more present.
Be grateful.
For every second I breathe on Earth, for every person I’ve met in my life, for every places I’ve discovered, for every meal I’ve tasted, for every experience I’ve lived…I am grateful.


mercredi 19 mars 2014

Du fictif au Réel

Un ancêtre vigilant.


Un certain week-end de mai, ma valise d'un côté et mon petit chat, de son nom Wilma, dans son panier de l'autre côté, j'admire le printemps de Bretagne sur le parcours en train vers Paris. Je vais rejoindre mes enfants pour passer avec eux un week-end qui promet d'être riche en surprises. Assise tranquillement dans le compartiment près de la fenêtre, je regarde les paysages défiler rapidement me laissant dans les yeux que des couleurs chaleureuses et pétillantes de bleu, de vert, de jaune et d'un mélange estompé d'orange. Un peu somnolente par le rythme du train et le ronronnement de mon chat, je me surprends à feuilleter un magazine où stars, vedettes et mannequins me harcèlent de leur svelte beauté et jeunesse. Mais je n'ai rien à leur envier me dis-je. Je porte ce jour là une petite robe légère fleurie et de jolies bottes rouges qui accentuent un peu mon originalité. D'une apparente légèreté et insouciance, je sais parfaitement où je veux aller, même si parfois je dérange et perturbe par mes excentricités. Je vis au rythme des saisons, des années sans dévoiler un âge. Imaginative et spontanée je me réfugie constamment dans mes rêves, à l'image d'un aîeul à qui je ressemblerais de par mon originalité et mon esprit en ébullition.

Cet homme de la famille, je l'ai vu, revu et détaillé sur des photos. Son sourire charmeur ainsi que ses yeux doux et clairs de couleur bleue n'ont de cesse de revenir à mes souvenirs et de m'accompagner tout au long de ma vie, comme s'il était devenu mon ange gardien. Son prénom, Frédéric, le même prénom que mon frère. Toute petite déjà, lorsque la tristesse ou la mélancolie me gagnaient, je me réfugiais secrètement dans mon petit monde et je serrais fort cette photo de Frédéric contre mon cœur. Je fixais ses yeux et trouvais la réponse dans des murmures imaginés sortir de sa bouche «va petite fille, continue ton chemin, rien n'est grave, tout un jeu dans la vie, ne perds jamais tes rêves d'enfant ma chérie. » Je repartais toute joyeuse et pétillante sur ce long parcours si intrigant qu'est le grand échiquier de la vie. Chaque fois que je ne pouvais ou ne voulais satisfaire les attentes de mes proches, mes parents n'avaient de cesse de me répéter que, décidément, j'avais tous les défauts de cet oncle inconnu qui fut, parait-il artiste comédien dans un groupe théâtral à Vienne. Un artiste, quelle admiration je pouvais alors lui porter et combien je l'ai vénéré cet oncle disparu et inconnu mais si présent dans les discussions de famille. Un modèle à suivre, à admirer ou à oublier et bannir, selon les circonstances de la vie. Tantôt il était flatteur de lui ressembler, tantôt de telles similitudes de personnages n'étaient pas enviables.




Tout à coup, le train freine à l'arrivée de ma destination Paris. Le rythme apaisant de ce voyage se termine subitement dans la gare Montparnasse bondée et tous les voyageurs se lèvent d'un bond pour ne pas rater la sortie et courir ainsi de peur d'être mangé par la vie. Se presser, s'empresser, toujours, oui c'est vrai, j'oublie parfois le quotidien. Je me lève et prends ma valise et mon petit chat, toujours si bien endormi dans sa cage. De type femelle, race persan, elle fut adorable tout le voyage. Dans la cage on n'aperçoit que des longs poils blancs et roux, des yeux clairs calmes et malins. Elle a toujours ce petit air renfrogné de par son nez aplati, on a l'impression qu'elle ne peut miauler et reste ainsi souvent silencieuse et sage. Vite vite je sors, chargée de mes bagages, et traverse cette grande gare interminable pour aller rechercher, au gré des longs couloirs et trains, celui qui doit me conduire à destination en ville de Paris. Je l'attrape de justesse et, dans mon empressement, j'en oublie la cage et mon petit chat Wilma dans le couloir du train. Je ne pense plus qu'à trouver vite, dans le tumulte et la foule, une place et m'asseoir dans le compartiment, sans m'apercevoir qu'il me manque la moitié de mes bagages.

Que de monde, jamais autant de monde je n'ai vu dans un train et une effervescence inexplicable jusqu'au moment, où en levant les yeux, je vois un tas de personnes avec caméras, matériel technique. Un film se tourne dans ce train, là même où je me pose pour rejoindre ma fille en ville de Paris. Nous faisons partie du film puisque nous sommes, sans le vouloir, les figurants voyageurs dans le tournage de l'action. Bien sûr je ne vois pas les acteurs principaux dans la foule et je ne sais de quels personnages il s'agit. Nous arrivons au point terminal du parcours où je dois sortir et là, à ma grande frayeur, je m'aperçois que mon chat n'est plus avec moi. Panique dans la foule de personnes énervées et stressées. Je sors par le couloir où je pense retrouver la cage avec mon petit chat. Quelle surprise de voir un homme debout tenant ma petite Wilma dans les bras, la cage en vrac par terre. « Quel toupet » puis-je m'exclamer à l'intention de cet homme qui se tient de dos. Il se retourne pour me répondre posément qu'il adore les chats, particulièrement les persans, qu'il adore les caresser pour trouver l'apaisement dont il a besoin. Ses yeux limpides et son sourire charmeur me paraissent à cet instant soudain familiers. Non je rêve, non ce n'est pas possible, cet homme devant moi, grand, beau, doux, aux cheveux bruns grisonnant, c'est Frédéric, mon ancêtre en personne. Je le reconnais bien comme sur la photo qui ne me quitte jamais. Comment a t-il pu réussir à se frayer un passage pour aller voir mon petit chat abandonné. Frédéric mais je rêve, mais que dis-je, quelle stupide je fais, je sais qu'il est mon ange gardien et qu'une fois de plus il me protège. Cependant d'habitude il ne se dérange jamais physiquement pour m'aider dans mes tracas quotidiens, ai-je le temps encore de plaisanter ! « Dis moi Frédéric, que se passe t'il, que fais-tu là ? »osé-je alors me murmurer «Lady, je crois comprendre que vous cherchez votre petit chat, il est adorable et mignon et je vous le redonne avec plaisir. Je dois y aller » me dit l'inconnu d'une voix agréablement étrangère avec un accent british, britannique, américain, irlandais.

Je reste interloquée devant le charme fou de cet homme qui, étrangement, ressemble à Frédéric, ce vieil oncle que je n'ai jamais connu en vrai. Il me fixe de ses beaux yeux bleus, voulant encore me parler, mais le temps presse, il s'empresse alors de regagner sa place dans le tournage car l'équipe l'attend. J'entends « Gabriel, we are waiting for you, please! » Je descends du train et je demande aux autres voyageurs. « Qui est ce Gabriel ? »
« Gabriel Byrne ! » me répond-on, « Vous voulez dire le bel acteur irlandais ? » « Oui, évidemment, il tourne justement ce jour avec Emmanuelle Devos un film dans notre capitale. »

Frédéric, quelle audace as-tu eu pour m'avoir fait rencontrer, au moins une fois dans ma vie, un acteur et de surcroît ce beau Gabriel Byrne. Il ne m'est pas indifférent et j'aurais même envie de le revoir, de le suivre, une audace indescriptible comme une aventure d'une journée que je retrouverai étrangement diffuse dans son film à l'écran quelques mois plus tard.

Février 2014

Le Mentir Vrai

La vie, un hasard !

Elle venait d'avoir ses 45 ans, encore très belle et jolie femme, d'une élégance raffinée et assumée et quittait son mari ainsi que la maison familiale après une vingtaine d'années d'épouse et de maman. Un besoin de liberté et une envie inexplicable de projets personnels et créatifs et puis des sentiments qui s'en sont allés au fil des années. Une histoire normale, oui certainement, mais le passé la poursuivait. Elle venait d'apprendre les origines de sa grand-mère paternelle et elle sut que ses ancêtres venaient d'Autriche d'une famille bourgeoise. Alors elle regarda sa fille et crut ainsi imaginer les yeux de son arrière grand-mère, si bleus, si limpides, évidemment un style étranger. D'ailleurs les cheveux blonds de sa fille ressemblaient vraiment à ceux d'une fille du nord, la mère de son mari, sans doute, ou bien sa propre grand-mère. Elle se souvenait maintenant bien du visage de sa grand-mère qu'elle a connue, dans son enfant et adolescence, une dame aux cheveux blancs et aux yeux si clairs et si bleus et la peau si blanche. Elle avait ainsi, le hasard aidant, respecté les origines nordiques de sa famille en épousant un allemand du nord de l'Allemagne. Troublantes ces coîncidences de vie qui se perpétuent, se croisent et se répètent au fil des générations. Une famille en mouvance pendant des années et des siècles et une rencontre à 22 ans de l'homme de sa première partie de vie, un allemand né d'une famille d'origine lointaine polonaise et allemande, avec qui elle a eu trois enfants et dont elle divorçait. Elle laissait ainsi derrière elle le rôle d'épouse d'un ingénieur reconnu et respecté par un parcours professionnel exemplaire. Elle quittait une vie confortable où elle avait tout pour être heureuse, pourtant elle repartait à la recherche d'un bonheur insatiable.

Quelques années plus tard, lors d'un voyage à St Emilion et au sortir d'une conférence touristique, ses yeux se fixèrent sur un regard clair d'un homme qui l'observait d'une terrasse de café. Elle ne pouvait discerner encore la couleur de ses yeux. Il était assis, habillé d'un léger costume gris et d'une chemise bleu, ses cheveux étaient poivre et sel avec quelques mèches rebelles. Elégant et croisant les jambes, son bras nonchalant amenait sa tasse de café au bord de ses lèvres. Rêveuse et indécise, elle l'observait gentiment, comme aveuglée par son charme. Il semblait étranger sans aucun doute et son profil ne dénotait aucune monotonie autochtone. Non ce n'est pas possible, elle retrouvait le goût audacieux de l'étranger et il semblait la regarder avec beaucoup de plaisir. Il se leva à sa rencontre et d'un pas assuré et ferme, elle s'avança vers lui. Il lui sourit en lui demandant « parlez vous anglais, Madame ? ».

Elle avait justement bien deviné, son physique présentait le charme d’un étranger, ses allures, ses attitudes, et cet accent franglais comme elle aimait et avait si souvent entendu lors de ses voyages à l’étranger. Elle fut ravie de converser au soleil avec lui longuement en anglais ou en français au gré des envies, des fous rires et des plaisanteries entremêlées de sérieux et de banalités.

Elle l’écoutait avec bonheur lui raconter son passé en quelques heures et déjà elle entrevoyait beaucoup de points communs avec elle et leurs vies semblaient similaires par les voyages et les mouvances de familles. Il était irlandais et il parlait de Paris, comme tout étranger admiratif de la culture française et de la capitale universellement connue pour son élégance, son histoire et son patrimoine. D’ailleurs elle remarquait au son de sa voix, son enthousiasme et son envie de lui plaire comme il y a déjà plus de vingt ans lorsqu’elle, toute jeune fille, s’était laisser séduire par son mari allemand. Tout étranger voulant courtiser une française se doit naturellement de parler de Paris, une approche culturelle indéniable. De Paris il voyagea dans son récit vers Bordeaux et St Emilion où précisément se jouait peut-être là, en cet instant, sur une terrasse de café le début d’une belle romance. Elle le regardait et ne se lassait pas d’admirer son doux regard bleu quelque peu froid et distant encore. Son sourire timide mais charmant à souhait la faisait craquer.

Que pouvait-il faire à St Emilion alors qu'elle était en vacances en touriste. Il parlait parfaitement le français avec un léger accent à peine perceptible. Ses parents étaient décédés l'année dernière laissant en héritage une belle propriété viticole dans la région. Sa mère française s'était mariée à un irlandais et, à leur retraire, avaient vécu en France ces dernières années. Lui avait appris à aimer la France mais avait vécu en Irlande, s'était marié à une irlandaise, deux enfants qu'il laissait en Irlande après un divorce difficile.

Ne se trouvaient-ils pas dans la même situation ? Elle laissait son mari allemand, ses trois enfants en France et cheminait tranquillement à la recherche de son futur compagnon de sa deuxième partie de vie. Ils se revirent pendant ces quelques jours de séjour en région bordelaise et une complicité intellectuelle souda leur entente amicale. Ils se plaisaient mais à un âge où on n'ose pas s'avouer les choses et pense que l'on puisse jamais redevenir amoureux. Et puis elle retrouvait cette petite pointe d'originalité dans sa vie en rencontrant un étranger, une découverte atypique et un nouveau pays par la parole, les attitudes et les comportements de cet homme qui l'attirait sans conteste. N'étaient-ils pas à leur croisée de chemin sur une longue route qu'ils avaient envie de continuer accompagnés.

Il lui fit visiter la jolie propriété viticole qu'il s'apprêtait à reprendre, lègue de ses parents. Une belle demeure de caractère d’environ 750m² habitables, restée dans son jus, au cœur de son domaine viticole de plus de 8Ha dont presque 6Ha de vignes en pleine activité (Folle Blanche, AOC Armagnac et Côtes de Gascogne). Exploitation viticole de renom dans toute la région. Elle n'en croyait pas ses yeux, un environnement extraordinaire et inégalable tant professionnel que privé. La Demeure se compose d’un élégant hall d’entrée desservant une spacieuse cuisine avec cheminée d'origine en pierres colossales. Une salle à manger lumineuse et claire, un salon grandiose avec cheminée, un bureau et une bibliothèque envahie de livres anciens, de beaux livres de collection en français et en langues étrangères. Un très bel escalier en pierre datant d’avant la Révolution conduisait au premier étage où se trouvaient cinq chambres, trois salles de bains, dressing, buanderie et une grande pièce de musique. Le second étage disposait de trois chambres chacune avec salle de bains, et une pièce de vie de plus de 60m². Magnifique parc arboré et une piscine avec pool-house. Jamais elle n'avait même eu le plaisir de pouvoir présenter et vendre une telle propriété de cette ampleur lorsqu'elle exerça le métier d'agent immobilier. Une vraie belle demeure familiale où déjà elle avait l'impression d'entendre les nombreux cris d'enfants. La propriété était entretenue par le couple de gardiens composée de la gouvernante et du concierge. En lui faisant découvrir cette somptueuse propriété, il la regardait, curieux de percevoir quelques réactions spontanées soit en sourires ou en paroles et elle, fascinée, restait muette et subjuguée par un tel paysage. Un nouvel horizon s'ouvrait-il devant elle alors qu'il lui prenait la main doucement pour la faire asseoir dans le jardin. Son esprit était en effervescence, plein de nouveaux projets. Commençait-elle à tomber amoureuse de cet homme, à son âge, homme élégant et charmant à l'accent délicieux, aux comportements attentionnés. Elle se frotta les yeux, comme pour se retrouver dans le concret de la situation. « C'est beau l'amour, je l'aime...la vie, » se dit-elle, phrase qu'elle n'avait pas prononcée depuis si longtemps, à l'orée d'un nouveau parcours, d'un nouvel amour.

Novembre 2013

mercredi 29 janvier 2014

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Ecrivain privé, biographe,
Conseillère en relations humaines




Véronique Sander





Ma plume révèle vos histoires les plus précieuses,
Vos récits de vie, vos mémoires, votre biographie



Ecrire, c'est se décrire, se chercher, se trouver, se ressentir.
Ecrire c'est oser se confier sans le regard de l'autre, s'affirmer.
Un livre est un compagnon sans nom, un refuge sans jugement
Une recherche de soi, de l'autre, de l'existence.
Des sentiments, des sensations, des secrets,
Des souvenirs arrachés à la vie et mis en mots par d'autres.
Ecrire perturbe, dérange, apaise et devient le cœur de la vie.
Une fuite du conformisme d'une vie trop exigeante et
trop réelle dans la banalité des habitudes.
Une recherche de l'inconnu, de l'impossible, 
de ses limites dans la profondeur 
de son intelligence et de son âme.
Une façon d'apprendre à s'aimer dans une 
authenticité humaine par la liberté de mots et de phrases.

Créer le livre de votre vie,

Arrêter le temps pour un instant...


« Ce n'est pas pour devenir écrivain qu'on écrit, c'est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour »
« L'écriture c'est le cœur qui éclate en silence »
Christian Bobin

« Le biographe est un être transparent.
Vous êtes un écrivain. Vous entrez dans les vies, vous les observez, vous en cherchez la vérité. Vous êtes un voyeur et un voyant »
Fabrice Humbert - Biographie d'un inconnu